Irrisor moqueur
Phoeniculus purpureus - Green Wood Hoopoe
Identification
Cet oiseau à longue queue et au bec courbe rappelant celui d'une huppe, arbore un plumage sombre. D'apparence noire, il se révèle avoir divers reflets vert à bleu irisé.
Chez l'adulte de la sous-espèce nominale, que l'on trouve en Afrique du Sud, la tête bleue a des reflets vert métallique. La nuque et la gorge sont bleu violacé. Le bec, long et courbe, est rouge vif. L'iris est brun foncé.
Le manteau est vert irisé aux reflets violets. Le dos et le croupion sont noirâtres. Les ailes bleu violacé possèdent une large barre alaire blanche au milieu des rémiges primaires, une seconde moins étendue sur l'extrémité des couvertures primaires. La queue, concolore aux plumes des ailes, est étagée avec des taches subterminales blanches. Les deux paires de rectrices internes étant plus violacées et unicolores.
Les parties inférieures sont vertes aux reflets bleu-violet. Les pattes, courtes, sont rouges. La femelle ressemble au mâle tout en étant plus petite. Le bec est également plus court.
Le juvénile est terne, sans reflets irisés. La gorge est parfois marquée de chamois ou de brun. Les taches blanches de la queue sont infimes. Le bec, légèrement plus court, est foncé. Les pattes varient du brun au rosé.
Les différentes sous-espèces se distinguent dans le plumage par les nuances de reflets irisés ainsi que par la largeur des barres alaires et des taches blanches sur les rectrices. Toutes les sous-espèces sont plus grandes que la ssp nominale.
Indications subspécifiques 6 sous-espèces
- Phoeniculus purpureus purpureus (c and sw South Africa)
- Phoeniculus purpureus senegalensis (s Senegal to s Ghana)
- Phoeniculus purpureus guineensis (n Senegal and Gambia to Chad and Central African Republic)
- Phoeniculus purpureus niloticus (Sudan to w Ethiopia and ne DRCongo)
- Phoeniculus purpureus marwitzi (e Uganda and Kenya to e South Africa)
- Phoeniculus purpureus angolensis (Angola and w Zambia to ne Namibia and n Botswana)
Noms étrangers
- Green Wood Hoopoe,
- Abubilla arbórea verde,
- zombeteiro-de-bico-vermelho,
- Grünbaumhopf,
- piroscsőrű kúszóbanka,
- Groene Kakelaar,
- Upupa boschereccia verde,
- grön skratthärfågel,
- Grønnkakelar,
- leskláč purpurový,
- dudkovec stromový,
- Purpurskovhærfugl,
- vihersäihkyjä,
- Gewone Kakelaar (Rooibekkakelaar),
- puput arbòria verda,
- sierpodudek purpurowy,
- Зелёный лесной удод,
- ミドリモリヤツガシラ,
- 绿林戴胜,
- grön skratthärfågel,
- 綠林戴勝,
Voix chant et cris
L'Irrisor moqueur est par nature un oiseau bruyant et on ne peut pas vraiment parler de chant. Les expressions vocales comme "ouak" sont à la fois des cris de défense ou d'alerte, de parade et de contact.
Le mâle émet un son fort et aigu qui s'accélère pour se transformer en rire nerveux et résonnant lorsqu'il est rejoint par d'autres oiseaux : "kouk-kouk-ouk-ouk-ouk-ouk"...
Les femelles émettent plutôt un "kik" qui sera plus aigu.
Habitat
La vaste répartition de l'Irrisor moqueur fait qu'il s'est adapté à une grande variété d'habitat.
Comportement traits de caractère
L'Irrisor moqueur est principalement sédentaire et même très philopatrique dans certaines régions comme c'est le cas au Kenya ou en Afrique du Sud.
Les jeunes occupent souvent des territoires voisins ou mitoyens de ceux où ils sont nés.L'Irrisor moqueur est une espèce grégaire vivant en groupe soudé. La taille du groupe n'a pas de relations directes avec la taille du territoire qui peut être très vaste sans forcément être utilisé en totalité. Ce territoire reste stable d'une saison à l'autre même si le groupe diminue ou augmente.
L'Irrisor moqueur est entièrement arboricole et cavernicole. Il vit, se reproduit et se nourrit dans les arbres. Il peut rechercher sa nourriture seul ou avec les membres de son groupe, entre 4 et 12 individus, avec toujours une parité sexuelle. Il existe pendant la recherche de nourriture des comportements différents due à la taille du bec. Les mâles prospectent plutôt l'étage inférieur des arbres et sont plus aptes à sonder la base des troncs et les branches plus grosses. Les femelles et les jeunes, aux becs plus courts, se nourrissent plutôt sur des branches plus fines. Ce mode de recherche de nourriture entraîne aussi des tensions intra et/ou inter-sexuelles chez les femelles car si elles peuvent se nourrir à proximité d'un mâle, elles deviennent agressives envers les autres femelles. On a pu compter jusqu'à 16 oiseaux dans un groupe avec parfois la présence de l'Irrisor namaquois.
Vol
Alimentationmode et régime
De façon générale, l'Irrisor moqueur recherche sa nourriture dans les arbres, parfois sur les termitières et plus rarement au sol.
Chasseur habile, c'est dans des postures assez acrobatiques qu'il sonde et fouille les trous d'arbres ou les crevasses derrière l'écorce des arbres morts. S'il peut avaler les petites proies entières, il va frotter ou marteler les plus grosses contre les branches avant d'être ingérées. Son régime alimentaire est constitué de toutes sortes d'arthropodes ainsi que de leurs larves et œufs.Reproduction nidification
La vaste répartition de l'espèce fait que la reproduction a lieu toute l'année. Elle survient surtout après la saison des pluies pour garantir un maximum de nourriture aux jeunes. Dans certaines régions, au Kenya notamment, l'Irrisor moqueur effectue deux voire trois nichées si les conditions alimentaires sont favorables.
Même si l'Irrisor moqueur est monogame, nous sommes face à un mode de reproduction coopératif, avec des groupes de petite à moyenne taille, sans que cela ait le moindre impact positif sur la survie du couple reproducteur.
Le nid est situé dans une cavité d'arbre, mort ou vivant, à une hauteur allant de 1 à 22 mètres. L'Irrisor moqueur étant incapable de creuser lui-même des trous dans les arbres, il doit faire avec les anciennes loges de pics si aucune cavité naturelle n'est présente sur son territoire. Quelques semaines avant la nidification, le couple reproducteur s'éloigne un temps du groupe. La durée de retrait est assez variable et n'a aucune conséquence sur le temps de préparation du nid puisque la cavité est occupée en l'état, aucun matériau n'est ajouté. La femelle pondra entre 3 et 4 œufs, bleu verdâtre pâle ou turquoise taché de blanc, qu'elle va incuber seule tout en étant nourrie par les membres du groupe. L'incubation débute à la ponte de l'avant-dernier ou du dernier œuf et dure entre 17 à 18 jours. L'apport de proies au nid est l'affaire de tout le groupe, mâle reproducteur et aidants, mais c'est à la femelle seule que revient le nourrissage. Il a été observé dans la province du Cap-Oriental, en Afrique du Sud, que les mâles aidants apportaient des proies plus grandes et plus lourdes que celles des femelles aidantes (voir plus haut dans le paragraphe comportement). Les jeunes prennent leur envol au bout de 28 à 30 jours et continuent d'être nourris par le groupe pendant une cinquantaine de jours. Ils deviennent à leur tour aidants les premières années avant d'établir leur propre territoire et de fonder leur colonie.
Le succès de reproduction et le taux de survie varient considérablement d'une année à l'autre au sein du même groupe. Les aléas climatiques ont un impact sur la quantité de nourriture et les prédateurs sont nombreux : fourmis légionnaires, genettes, Chevêchette perlée et Gymnogène d'Afrique. L'espèce peut aussi être parasitée par le Grand Indicateur au Nigéria, au Zimbabwe et en Afrique du Sud.
Distribution
L'Irrisor moqueur possède une vaste zone de répartition en Afrique subsaharienne qui s'étend de l'Éthiopie à l'Afrique du Sud ainsi que dans toute l'Afrique occidentale. Il est localement commun à l'est du continent et peut être abondant à l'ouest. Sa distribution altitudinale s'étend du niveau de la mer à 2 000 mètres.
Menaces - protection
Statut de conservation IUCN
mineure
à l'état sauvage
menacé
évalué
L'Irrisor moqueur n'est pas menacé. Pour autant, l'abattage massif d'arbre ou la destruction de son habitat peut décimer une population locale, ce fut le cas dans la région de Naivasha au Kenya ou en Afrique du Sud. Inversement, les populations présentes dans les parcs nationaux sont stables et ne sont pas menacées.
Références utilisées
- Birds of the World, The Cornell Lab of Ornithology
- Guide des oiseaux de l'Afrique de l'Ouest, Nik Borrow
- Birds of Kenya's Rift Valley , Adam Scott Kennedy
- Birds of East Africa: Kenya, Tanzania, Uganda, Rwanda, Burundi, Terry Stevenson, John Fanshawe
- eBird, Cornell Lab of Ornithology et National Audubon Society
- IOC World Bird List (v15.1), Gill, F and D Donsker (Eds). 2025-12-07.
Autres références utiles
- Accipitriformes
- Aegotheliformes
- Ansériformes
- Apodiformes
- Aptérygiformes
- Bucérotiformes
- Caprimulgiformes
- Cariamiformes
- Casuariiformes
- Charadriiformes
- Ciconiiformes
- Coliiformes
- Columbiformes
- Coraciiformes
- Cuculiformes
- Eurypygiformes
- Falconiformes
- Galliformes
- Gaviiformes
- Gruiformes
- Leptosomiformes
- Mesitornithiformes
- Musophagiformes
- Nyctibiiformes
- Opisthocomiformes
- Otidiformes
- Passériformes
- Pélécaniformes
- Phaethontiformes
- Phoenicoptériformes
- Piciformes
- Podargiformes
- Podicipédiformes
- Procellariiformes
- Psittaciformes
- Pterocliformes
- Rhéiformes
- Sphénisciformes
- Steatornithiformes
- Strigiformes
- Struthioniformes
- Suliformes
- Tinamiformes
- Trogoniformes

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