Chevêche d'Athéna

Athene noctua - Little Owl

Systématique
  • Ordre
    :

    Strigiformes

  • Famille
    :

    Strigidés

  • Genre
    :

    Athene

  • Espèce
    :

    noctua

Descripteur

Scopoli, 1769

Biométrie
  • Taille
    : 23 cm
  • Envergure
    : 54 à 58 cm.
  • Poids
    : 150 à 200 g
Longévité

16 ans

Distribution

Distribution

Description de la famille

La famille des Strigidés est une famille de rapaces à activité nocturne présents sur tous les continents à l'exception du continent antarctique. Elle comprend 26 genres et 216 espèces dont la taille va de "très petite" à "grande". Il n'y a pas de dimorphisme sexuel. Les femelles sont simplem... lire la suite

Description identification

Chevêche d'Athéna
adulte plum. nuptial
Chevêche d'Athéna
adulte

La Chevêche d'Athéna est une petite chouette d'un peu plus de 20 cm de longueur pour une envergure de 45 à 50 cm et un poids d'environ 200 g. C'est un oiseau compact, à grosse tête, corps massif, ailes et queue courtes. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel. La femelle est simplement un peu plus grande que le mâle.
Le plumage de l'adulte est brun tacheté de blanc dessus, blanc strié de brun dessous. La tête est plus large que haute, d'aspect un peu rectangulaire avec les angles arrondis. La calotte est brune, finement mouchetée de blanc. Les disques faciaux bruns et blancs mettent en valeur les yeux jaune-d'or surmontés de sourcils blancs formant de face comme un X coiffant le bec couleur paille qui émerge à la jonction des deux disques. Curieusement, la nuque montre un dessin brun et blanc qui évoque les disques faciaux si bien que, lorsque la chevêche tourne la tête à 180° ou nous tourne le dos, on peut avoir l'impression qu'elle nous regarde toujours. C'est une caractéristique fréquente dans la famille. Ce doit être une adaptation destinée à dissuader un prédateur éventuel d'attaquer lorsque la tête est tournée.
Les rémiges et les rectrices ont un aspect barré. Les tarses sont emplumés de blanc.
Le juvénile ressemble beaucoup à l'adulte, mais son plumage est plus uniforme, moins nettement taché et comme moins bien "peigné". Le masque facial est moins net au début.
Les variations de teinte du plumage sont importantes suivant les sous-espèces, au nombre de 13. Les oiseaux du nord de l'aire sont plus sombres que les oiseaux méridionaux, particulièrement ceux des régions désertiques qui sont très pâles. La sous-espèce vidalii d'Europe de l'ouest et du nord est la plus sombre, lilith du Moyen-Orient la plus pâle.

Indications subspécifiques 13 sous-espèces

  • Athene noctua noctua (c, s and se Europe to nw Russia)
  • Athene noctua vidalii (w Europe)
  • Athene noctua indigena (Romania to Greece through Ukraine and Turkey east to s Russia)
  • Athene noctua lilith (Cyprus, s Turkey to Iraq and the Sinai. Egypt.)
  • Athene noctua bactriana (Iraq and Azerbaijan to Pakistan and nw India)
  • Athene noctua orientalis (ne Kazakhstan, nw China)
  • Athene noctua ludlowi (Himalayas)
  • Athene noctua impasta (wc China)
  • Athene noctua plumipes (Mongolia, sc Siberia and ne China)
  • Athene noctua glaux (coastal n Africa to sw Israel)
  • Athene noctua saharae (Morocco to w Egypt, c Arabia)
  • Athene noctua spilogastra (e Sudan, Eritrea and ne Ethiopia)
  • Athene noctua somaliensis (e Ethiopia and Somalia)

Noms étrangers

  • Little Owl,
  • Mochuelo Europeo,
  • Mocho-galego,
  • Steinkauz,
  • Kuvik,
  • Steenuil,
  • Civetta comune,
  • Minervauggla,
  • Kirkeugle,
  • kuvik obyčajný,
  • sýček obecný,
  • Kirkeugle,
  • minervanpöllö,
  • mussol comú,
  • Kattugla,
  • pójdźka (zwyczajna),
  • mājas apogs,
  • čuk,
  • Домовый сыч,
  • コキンメフクロウ,
  • 纵纹腹小鸮,
  • 縱紋腹小鴞,

Voix chant et cris

Chevêche d'Athéna
adulte

Le vocabulaire de la chevêche est assez riche. Elle est particulièrement vocale dès le crépuscule en période de reproduction. Cris territoriaux, cris d'alarme et autres traduisent son activité. C'est autour des petits villages des plaines agricoles qu'on a le plus de chances de l'entendre.
Le cri habituel est un "wiou" bitonal puissant. C'est un cri d'avertissement ou d'alarme en cas d'intrusion sur le territoire. Il fait un peu penser au cri de la buse.
Le chant est un "Haaaah" montant, interrogatif, de tonalité élevée et qui porte loin également.
On note aussi des "wouuu" étirés qui peuvent avoir la tonalité du chant du Petit-duc scops, d'où des erreurs potentielles, des "miou" aboyés, etc.
On a montré que les cris du mâle adulte portaient à plus de 4 km en plaine sans obstacle.

Habitat

Chevêche d'Athéna
adulte

La Chevêche d'Athéna a trois exigences pour être présente, des espaces dégagés pour la chasse, des cavités pour la nidification et cela en plaine. La première condition est remplie dans les milieux désertiques, les steppes et les espaces agricoles. C'est la raison pour laquelle, chez nous, elle affectionne les villages et autres hameaux qui ponctuent les grandes plaines agricoles. La seconde condition est moins facile à remplir. Certes, elle peut se satisfaire d'un simple terrier de rongeur pour nidifier, mais c'est risqué pour elle. Le plus souvent, c'est un vieil arbre troué ou une vieille bâtisse qui lui procurent un site de nidification.

On peut pallier le manque de cavités par des nichoirs adaptés qu'elle adopte volontiers. Enfin, ce sont probablement les conditions hivernales qui limitent la présence de cette espèce sédentaire en altitude, mais aussi en latitude, en réduisant la ressource ou son accès.
L'espèce n'est pas du tout forestière, mais on peut la trouver dans les vastes clairières agricoles au milieu des grands espaces forestiers.
D'une manière générale, elle évite tous les milieux où la couverture du sol est trop importante, que ce soit en ligneux ou en végétation herbacée. Elle préfère les prairies aux cultures et aime particulièrement les prairies pâturées, son optimum écologique en Europe tempérée. Les vieux vergers sont appréciés, surtout s'ils sont pâturés.
Son habitat inclut souvent des bâtisses ruinées, de vieux murs et murgers, des alignements de vieux arbres (fruitiers ou saules têtards), des piquets de clôture. Gites diurnes et sites de nidification sont très souvent les mêmes. Des situations particulières s'observent localement, comme l'adaptation de la chevêche aux tas de galets du coussoul de la Crau dans le sud de la France.

Comportement traits de caractère

Chevêche d'Athéna
adulte

La Chevêche d'Athéna est un oiseau sédentaire, présent toute l'année sur ses territoires. Cette caractéristique limite sa répartition aux régions capables de lui fournir sa subsistance à la mauvaise saison, soit les régions sans couverture neigeuse durable.

D'où son absence de la montagne et des latitudes trop élevées. Les couples sont pérennes et vivent sous le même toit, au sens propre comme au figuré. Les jeunes émancipés s'éloignent peu du territoire de naissance, une 20e de km en moyenne.
La chevêche est active assez tôt le soir sans être franchement diurne. Le meilleur moment pour la chercher est le soir au crépuscule quand elle commence à s'activer.
Elle est volontiers anthropophile dans la mesure où le bâti ancien à la campagne l'intéresse comme gite diurne et/ou comme site de nidification. Elle ne craint pas l'Homme mais garde ses distances. Elle sait se faire discrète tout en restant facilement repérable pour quelqu'un d'averti. Malheureusement, dans cet environnement, les chats peuvent être un véritable problème pour elle.
Le jour, surtout dans les contrées méridionales, on l'observe fréquemment perchée en vue sur un substrat minéral, édifice en pierres, ruine, vieux mur, tas de moellons, petite barre rocheuse... L'hiver, si elle dispose de la quiétude nécessaire, elle s'expose volontiers aux rayons du soleil sans toutefois être active.

Vol

Chevêche d'Athéna
adulte

Les ailes larges aux battements rapides mais peu amples alternant avec de brèves séquences de repos procurent à la Chevêche d'Athéna un vol distinctif, direct, bas et légèrement onduleux qui n'a pas son équivalent chez les autres oiseaux de même taille.

Alimentationmode et régime

Chevêche d'Athéna
adulte

La Chevêche d'Athéna chasse surtout au crépuscule et en première partie de nuit. Bien qu'elle soit assez diurne, elle ne chasse pas de jour.

Elle se nourrit d'invertébrés et de petits vertébrés, capturés à l'issue d'un repérage depuis un poste d'affût suivi d'une glissage rapide vers la proie. Elle choisit de préférence un poste élevé à la vue dégagée de façon à optimiser ses chances de détection. Une petite proie comme un insecte est prise directement avec le bec tandis qu'une proie plus grosse comme un campagnol l'est avec les serres. Il lui arrive de chasser à pied en terrain découvert. Mais elle ne pratique pas la chasse en vol comme peut le faire le moyen-duc par exemple. Elle n'en a pas les capacités.
Le régime varie en fonction des territoires et des saisons. Il est majoritairement insectivore, surtout à la belle saison en région tempérée. Les invertébrés comptent pour 70 à plus de 90% de celui-ci. Les gros insectes comme les grands Orthoptères et les lombrics, arrivent en tête des proies. Les petits mammifères comme les campagnols le complètent. Mais longue est la liste des proies potentielles. Il lui arrive même délibérément mais de façon marginale de consommer des items végétaux tels que herbes et feuilles, petits fruits et graines.
Comme chez tous les rapaces, les restes indigestes des proies sont rejetées par la bouche sous forme de pelotes dites de régurgitation dont la taille est en rapport avec celle de l'oiseau, donc petites.

Reproduction nidification

Chevêche d'Athéna
adulte

La Chevêche d'Athéna est monogame et, du fait de la sédentarité de l'espèce, les couples sont probablement stables dans le temps, peut être même jusqu'à la mort d'un des partenaires. Les manifestations sexuelles commencent tôt, dès le milieu de l'hiver, mais la saison de reproduction elle-même s'étend de mars à août. Il n'y a qu'une nichée par an.
Pour la nidification, la chevêche est cavernicole, c'est à dire qu'elle niche dans une cavité. Comme tous les autres rapaces nocturnes, elle ne construit pas de nid, la femelle se contentant de déposer ses oeufs à même le substrat de la cavité qui peut être de nature très variable.

Chevêche d'Athéna
juvénile
Les sites de nidification sont de deux ordres, arboricoles ou rupestres. Les vieux arbres troués constituent une forme d'idéal pour elle, mais l'entretien des espaces par l'Homme, par exemple des vieux vergers, la prive souvent de ces cavités qui se forment naturellement par pourrissement du bois à partir d'une vieille loge de Pic vert par exemple, d'une blessure ou d'une section de branche. On peut pallier le manque par des nichoirs artificiels qu'elle adopte très bien. Le bâti ancien joue un grand rôle en lui fournissant de nombreuses opportunités, trous dans les murs sous les toits, caissons, trous d'aération, trous de poutres, tuyaux creux... Là où manquent les sites classiques, un simple trou dans le sol, par exemple un trou de lapin ou autre rongeur de grande taille, peut faire l'affaire, ou encore un tas de cailloux, un mur de pierres sèches...
La femelle y dépose 3 à 6 oeufs lisses et blancs, pondus à 2 jours d'intervalle. L'incubation commence habituellement avec le premier oeuf pondu, mais parfois la femelle attend que sa couvée soit complète ou presque, ce qui fait que les éclosions peuvent être synchrones ou non. L'incubation, assurée par la femelle nourrie par le mâle, dure 28 à 33 jours. Après l'éclosion, la femelle reste encore sur ses jeunes une 15e de jours pendant lesquels le mâle ravitaille la famille. Les jeunes quittent le nid à 30-35 jours mais ils resteront sous la dépendance des adultes pendant un mois encore. Il arrive que des jeunes quittent le nid avant de savoir voler, avec tous les aléas que cela représente pour eux.
Dans une étude allemande, le succès reproducteur est de 58%. Il est de 58,3% dans l'étude de Juillard en Suisse. 70% des jeunes en moyenne meurent la première année. Une fois passé ce cap, elle peut espérer vivre une 20e d'années.

Distribution

Chevêche d'Athéna
adulte

L'aire de présence de la Chouette chevêche s'étend sur l'ensemble de l'Eurasie de l'Atlantique au Pacifique en une bande continue incluant les régions à climat tempéré et celles à climat de type méditerranéen. Elle est également présente dans tout le nord du continent africain et dans la péninsule arabique mais l'aire y est nettement morcelée. Elle est bien représentée au Maghreb et le long de la vallée du Nil. Au nord, elle est naturellement absente des Îles britanniques (où elle a été introduite), de Scandinavie et de la plus grande partie de la Russie. Sa limite méridionale est la ligne joignant le nord de la Mauritanie à la Somalie.

Menaces - protection

Chevêche d'Athéna
adulte
Statut de conservation IUCN
Eteint
Menacé
Préoccupation
mineure
Éteint
à l'état sauvage
Quasi
menacé
Non
évalué
EX EW CR EN VU NT LC NE

La Chevêche d'Athena n'a pu que subir dans les pays développés du nord de son aire l'altération des paysages agricoles tels qu'on les connaissait autrefois. C'est le cas dans notre pays et, pour reprendre les termes l'organisation française Vigienature, " L'espèce a beaucoup décliné en France dans la deuxième moitié du XXe siècle, du fait de la dégradation de son habitat (remembrement, disparition des prairies et des arbres creux, urbanisation). Les collisions avec les voitures constituent une des principales causes de mortalité."
Mais pour les 20 dernières années, elle est donnée en augmentation de +91%. Vigienature précise cependant "La spectaculaire augmentation de l'indice d'abondance de cette espèce doit cependant être considérée avec prudence, car elle s'appuie sur des effectifs faibles, de 40 individus détectés au maximum par an." C'est quand même l'indication que la chevêche, après un passage à vide à la fin du 20e siècle, améliore un peu sa situation. Mais dans le même temps, la population introduite de Grande-Bretagne décline.
Les populations de Chevêches d'Athéna ont décliné dans les années 1960 entre autres à cause de l'usage des pesticides organochlorés. Depuis, ces produits ont été bannis et l'espèce se porte mieux.
Pour l'instant, l'espèce n'est pas globalement menacée au niveau mondial. Pour Birdlife International, la population est stable. La taille de l'aire de répartition et de la population est telle que l'espèce n'approche pas le statut d'espèce vulnérable. Mais attention, les menaces, au sens propre, persistent, ne serait-ce que la circulation automobile, si meurtrière, qui continue à augmenter. Pour ce dernier facteur, il faudrait des aménagements spécifiques, forcément coûteux, pour contraindre les oiseaux à voler plus haut et ainsi éviter les véhicules. C'est un peu utopique.

Références utilisées

Autres références utiles

QRcode Chevêche d'AthénaFiche créée le 01/06/2020 par
publiée le - modifiée le 06-06-2020
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